Canada: une mesure de santé publique vise à installer des distributeurs de kits pour réduire les dommages liés à la drogue

L'année dernière, le Canada a mis en place de nombreuses stratégies visant à réduire les dommages liés à la drogue

L'année dernière, le Canada a mis en place de nombreuses stratégies visant à réduire les dommages liés à la drogue (Source: Wikimedia)

Les autorités de la ville d'Ottawa ont l'intention d'installer des distributeurs automatiques afin de dispenser du matériel pour une consommation de drogue plus sûre ; une stratégie de prévention de plus en plus populaire à travers le Canada.

Début janvier, le médecin hygiéniste adjoint de Santé publique d'Ottawa a déclaré que les autorités avaient l'intention d'installer des distributeurs automatiques qui dispenseraient du matériel de prévention vital à cinq endroits différents de la capitale canadienne. Bien que le contenu de ces machines ne soit pas encore décidé, un article du Ottawa Citizen nous informe que les kits contiendront sûrement des aiguilles stériles – un outil important afin de prévenir la propagation de maladies infectieuses parmi les consommateurs de drogues injectables.

La mise en place prévue de ces distributeurs automatiques est la toute dernière des stratégies importantes de l'année, à but préventif, adoptée par le gouvernement national ainsi que les autorités locales.

La naloxone, un médicament utilisé pour stopper les effets des opioïdes lors d'overdoses, est légalisée depuis mars 2016, selon une décision gouvernementale. Depuis, elle peut être achetée sans ordonnance. La mise à disposition de naloxone est de plus en plus importante au Canada ; entre 2014 et 2015, environ 13 Canadiens ont été hospitalisés chaque jour pour une overdose d'opioïdes.

En juillet, le conseil municipal de Toronto (la ville la plus peuplée du Canada), a approuvé l'ouverture de trois centres d'injection supervisée. De telles installations sont également importantes afin de diminuer le risque d'overdoses, étant donné que des professionnels de santé surveillent les consommateurs de drogue et interviennent si nécessaire. Eric Hoskins, le ministre de la Santé de l'Ontario, a loué ce projet, qu'il considère comme « une opportunité de […] s'attaquer aux addictions et au mauvais usage de narcotiques ».

La loi, approuvée en septembre, autorisant la prescription de diacétylmorphineet à laquelle on fait généralement référence en tant que « prescription médicale d'héroïne », est peut-être plus connue. Cette loi permettra à certains individus ayant une consommation problématique d'héroïne, d'avoir accès à de l'héroïne régulée, mais uniquement « dans le cas de figure où les options traditionnelles ont été essayées et se sont avérées inefficaces ».

Jane Philpott, ministre fédérale de la Santé, a annoncé en décembre que le gouvernement national travaillait à faciliter l'accès aux services de prévention à travers le pays en rectifiant la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. L'amendement, s'il passe, visera à modérer les restrictions pesant sur la création de nouveaux centres d'injection supervisée, permettant ainsi à d'autres régions du pays de suivre la voie de Toronto.

L'augmentation des dommages liés à la consommation d'opioïdes au Canada ces dernières années montre bien que la pénalisation n'est pas efficace, et qu'une approche en termes de santé publique peut offrir une bien meilleure aide. La variété et l'importance des stratégies mises en place au cours de l'année précédente sont synonymes d'un changement idéologique, d'une prise de conscience progressive des autorités canadiennes, qui réalisent que l'approche prohibitionniste traditionnelle ne fonctionne pas.

Cette idéologie se retrouve également dans l'intention du gouvernement canadien de légaliser « l'usage récréatif » du cannabis au printemps 2017. Jane Philpott soutient cette réforme, qui s'inscrit dans le projet de prévention des dommages liés à la drogue.

Lorsqu'elle s'est exprimée aux Nations Unies en avril, elle a affirmé que la loi « tiendra la marijuana hors de portée des enfants, et les profits hors de portée des criminels. Bien que ce plan défie le statu quo de nombreux pays, nous sommes convaincus que c'est la meilleure solution afin de protéger nos jeunes, tout en améliorant la sécurité de la population. »

Les stratégies de prévention nouvellement envisagées et effectivement mises en place par le Canada sont trop récentes pour que leurs retombées soient quantitativement mesurées. Cependant, en se basant sur des preuves évidentes de ces stratégies, les nouvelles mesures de l'année qui vient de passer ont de grandes chances de réduire les dommages causés par les opiacés, ou toute autre drogue, sur le long terme.