Cannabis en France: Une politique si stricte et pourtant si inefficace

Mercredi 31 juillet 2013 l’Uruguay passe une étape importante pour devenir le premier pays à pleinement légaliser le cannabis. Cette démarche législative attire l’attention des médias du monde entier mais l’effet d’annonce est court.  Le lendemain c’était au tour de l’état de l’Illinois aux Etats Unis d’Amérique et son gouverneur Mr Quinn de signer une période de 4 ans débutant au 1er janvier 2014 pour tester les bienfaits du cannabis médicinal.  A la suite de ces annonces et de l’engouement médiatique qui en a suivi il aurait été intéressant de lancer le débat sur le cannabis en France. En effet, la question de la drogue a disparu du paysage médiatique et a été remplacé par de multiples sujets moins controversés dont la surpopulation carcérale.

Il se trouve que ces deux sujets sont liés, car en France il y a un rapport étroit entre le trafic de cannabis et la petite délinquance.   Ce serait le moment de réfléchir sur cet exemple concret et changer l’attitude du gouvernement et de la police envers ce type de délinquance alors que certains pays décident de dépénaliser la consommation et de  réduire les peines pour les petits dealeurs.  La dépénalisation diminuerait forcement cette petite criminalité liée au trafic de cannabis. Ce commerce illégal engendre de la violence, vol ou autre crime et alimente le climat d’insécurité. Même si le trafic de cannabis n’est pas la seule porte d’entrée à la délinquance, il y contribue grandement. En changeant d’attitude cela permettrait peut-être d’enlever la pression devenue humainement et économiquement insupportable sur le système carcéral et juridique. 

En France aucun média a choisi de faire le lien entre la politique strict contre la drogue – pour mémoire le code pénale  édicte que ‘Le trafic, c'est-à-dire la détention, le transport, l'offre, la cession ou l'acquisition de stupéfiant, est puni d'une peine de prison d'une durée maximale de dix ans ou d'une amende pouvant atteindre 750 000 euros (Art. 222-37) - et la surpopulation en prison. France 2 avance un chiffre dans son journal télé de 68 500 prisonniers alors qu’il y a seulement 57 300 places disponibles dans les prisons françaises (chiffre de juin 2013). D'ailleurs, la France fait partie des mauvais élèves en Europe dans ce domaine. Cette attitude répressive est peu efficace, les menace de peines de prison ayant apparemment peu d’effet dissuasif. Il faudrait se pencher sur ces lois devenues anachroniques et réfléchir s’il est réellement nécessaire de punir le simple consommateur ou petit dealer alors qu’on n’est plus en mesure de les enfermer. 

L’emprisonnement a un double objectif : punir les citoyens enfreignant les règles mais aussi de permettre leur réintégration dans la société a leur sorti. Pourtant,  la prison est un terrain fertile pour les petits délinquants qui, souvent déjà en marge de la société, font des rencontres qui les font basculer vers un niveau supérieur de criminalité.