Des vies en jeu dans l’ouest de l’Ukraine : le conflit a interrompu les services d’aide médicale

L’inquiétude grandit au sujet de l’arrêt du traitement des personnes atteintes du VIH et de la tuberculose dans l’ouest de l’Ukraine où l'accès aux médicaments vitaux est interrompu par les combats dans les zones de Donetsk et Luhansk sous contrôle rebelle.

Suite à la décision du gouvernement ukrainien d’arrêter de fournir des médicaments à ces zones, et avec la fermeture de la frontière, des ruptures de stocks de médicaments antirétroviraux, de traitements de substitutions aux opiacés (TSO), et autres traitements vitaux sont attendues d’ici fin février.

Plus de 300 patients traités par TSO à Donestk et Luhansk n’ont plus accès à leur traitement depuis le début du conflit. 550 autres patients traités par méthadone seront à court de traitement sous peu si une aide d’urgence n’est pas mise en place.

Cet article a été publié tout d’abord par l’International HIV/AIDS Alliance. Lire l’article d'origine ici.

L’Ukraine de l’ouest connaît les plus hauts taux de prévalence de VIH et de TB de tout le pays. Une infection sur cinq est enregistrée dans les oblasts (régions) de Donestk et de Luhansk, où l’on trouve près d’un quart des ukrainiens atteints par le VIH. Les moyens de prévention du VIH comme les préservatifs ou les seringues stériles sont devenus beaucoup plus rares et plus chers. Le nombre de dépistage du VIH a lui aussi fortement diminué. Avec plus d’un million de personnes déplacées et le risque de l’interruption des traitements, l’International HIV/AIDS Alliance en Ukraine s’inquiète des conséquences à la fois sur la prévention, sur le traitement du VIH, ainsi que sur les futurs programmes de réduction des risques pour les consommateurs de drogues par injection dans le pays.

Selon Andrey Klepikov, directeur général d'Alliance en Ukraine : « À moins que le gouvernement ukrainien n'autorise les ONG internationales à nous fournir les traitements vitaux dans les semaines à venir, nous allons faire face à une crise humanitaire dans l’ouest de l’Ukraine. »

« Plusieurs sites de traitements par TSO ont dû fermer et nous craignons que les patients recevant les traitements de substituions soient livrés à leur triste sort comme ce qui s’est produit en Crimée l’année dernière où des dizaines de personnes sont mortes lorsque le programme de TSO a été fermé à la suite de l’annexion. »

Alliance Ukraine et d’autres acteurs principaux ont demandé au gouvernement ukrainien de créer un couloir sécurisé pour la livraison des traitements vitaux avec le soutien du Comité International de la Croix-Rouge (ICRC) et ont souligné la nécessité d’une action rapide pour assurer la continuité du traitement. La résolution du gouvernement ukrainien concernant cette nouvelle action humanitaire a été approuvée par les principaux acteurs gouvernementaux, les partenaires et les principaux bénéficiaires de la subvention du Fond de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria. On attend maintenant l’accord final.

Alliance Ukraine a fourni une aide d’urgence — tel que des logements, une aide pour les besoins essentiels, des services relatifs à l’emploi et des services médicaux — à quelques 200 patients traités par TSO, qui ont dû quitter la Crimée et l’Ukraine de l’ouest pour pouvoir continuer à suivre leur traitement.
Klepikov poursuit : « À cause du manque de fonds, nous avons dû réduire le nombre de patients recevant le traitement d’urgence à 100, et nous n’avons pu aider qu’une partie des patients traités par TSO dans les zones touchées. Nous avons besoin d’une aide international et nous en avons besoin maintenant. »