Des Experts en Toxicomanie du Canada Veulent un Approvisionnement Réglementé en Héroïne pour Réduire les Surdoses

Héroïne de fabrication pharmaceutique (Source: Wikimedia)

Un groupe influent d'experts en toxicomanie de l'ouest du Canada a proposé de permettre aux personnes d'accéder à une source d'héroïne légalement réglementée, afin de réduire les surdoses et de lutter contre le crime organisé.

Dans un nouveau rapport, le Centre sur la Toxicomanie de la Colombie-Britannique (BCCSU) a proposé la création de clubs réservés aux membres, permettant aux patients d'acquérir légalement de l'héroïne produite en pharmacie. Cette approche réduirait les risques qu'une personne consomme à son insu de l'héroïne contenant du fentanyl - un opioïde puissant attribué au taux de surdose élevé - et minerait en même temps les groupes criminels organisés en décourageant les individus d'acheter illégalement de l'héroïne.

Le BCCSU affirme que cette mesure est nécessaire de toute urgence dans leur province en raison de la crise actuelle de la santé publique. En 2018, près de 1,500 surdoses ont été signalées en Colombie-Britannique – soit environ 260 décès par million d'habitants; plus de trois fois plus élevé que la moyenne canadienne de 81 décès par surdose par million. Sur ces 1,500 personnes, 85% concernaient du fentanyl illicite. Cela suggère que l'accès à une offre réglementée d'héroïne sans fentanyl pourrait réduire considérablement le nombre de décès.

Le club fonctionnerait comme une “coopérative d'achat dirigée par les membres”, ce qui signifie que les membres allieraient leurs ressources pour acquérir l'héroïne en vrac à un prix inférieur des fournisseurs. Le BCCSU suggère qu’il soit exploité par un organisme à but non lucratif impliquant des experts ayant une expérience vécue pertinente.

Pour empêcher le détournement vers le marché illégal, le club limiterait les quantités fournies à “ce qu’on pourrait s'attendre pour un usage personnel individuel à court terme”.

Des clubs seraient créés parallèlement à d'autres services de réduction des méfaits et de traitement, de sorte que les personnes qui cherchaient de l'aide pour leur consommation de drogue puissent y accéder librement et facilement. De plus, cette approche améliorerait les résultats en matière de réduction des méfaits en obligeant les membres à compléter la prévention des surdoses et la formation au naloxone - un médicament d'inversion de surdosage - dans le cadre du processus de demande.

L’admission des membres au club doit dépendre d’un processus de selection, le rapport détaille:

“Un processus de sélection mené par un membre du personnel sur place qui est un fournisseur de soins de santé pourrait aider à garantir que les jeunes curieux et autres populations vulnérables (par exemple, inexpérimentés ou naïfs aux opioïdes) reçoivent des informations précises et équilibrées sur le programme et les risques connus de consommation d'héroïne. , y compris la surdose et la dépendance.”

Si elle est mise en œuvre, l'approche sera soigneusement évaluée et modifiée si nécessaire.

Pour que l’approche soit testée, le BCCSU devra obtenir l’appui des gouvernements national et provincial, ainsi que celui des autorités locales qui superviseraient le projet – non seulement en termes de ressources et d’aide, mais aussi pour offrir une voie légale. Il est actuellement illégal pour un tel club d’acquérir et de distribuer de l’héroïne, mais il existe un mécanisme d’exemption permettant à un ministre de l’approuver.

Le gouvernement provincial a déclaré qu’il examinait le rapport et qu’il n’avait pas encore pris de décision à ce sujet.

Lissez le rapport complet: Les clubs de compassion pour l’héroïne