Disparités ethniques en matière de contrôle de police et de poursuite judiciaire concernant la drogue en Angleterre et au Pays de Galles

En France, tout le monde se souvient début Juillet 2013, des plaignants qui attaquaient l’Etat en raison du contrôle au faciès. Cette plainte fait écho à l’étude de l’Open Society Institute/CNRS sortie en 2009 sur le contrôle au faciès. D’après l’étude « Les Noirs et Arabes sont respectivement 4 et 3 fois plus fréquemment l’objet d’une palpation de sécurité que les Blancs, et respectivement 2 à 3 fois plus fréquemment emmenés par les policiers que les Blancs. ». Cette question du lien entre contrôles de police et minorités visibles est depuis longtemps discutée dans les pays anglo-saxons notamment en matière de drogue.

La récente étude RELEASE/London School of Economics (Août 2013)  met en lumière non seulement que les contrôles liés à la recherche de drogue touchent davantage les minorités visibles –les Noirs en particuliers-, mais également le non –sens des raisons invoquées pour justifier de telles pratiques. Les personnes sujettes à ces contrôles évoquent fréquemment un sentiment d’humiliation et d’injustice voire un manque de crédibilité de la police à leurs yeux.

D’après l’étude*, les contrôles de police incluant une fouille ou «  stop and search » pour cause de drogue sont 6,3 fois plus fréquents pour les Noirs et 2,5 fois plus fréquents pour les Asiatiques par rapports aux Blancs. Pour les personnes identifiées comme métisses, c’est 2 fois plus. Parallèlement, les autres fouilles pour d’autres actes (dégâts matériels, détention illicite d’armes etc…) sont 5 fois plus fréquents pour les Noirs par rapport aux Blancs et cela est quasiment divise par deux (1,2 fois) pour les personnes Asiatiques. Et être jeune n’est pas un facteur protecteur, au contraire. En 2009/2010,  dans le Grand Londres, la Metropolitan Police a arrêté plus de  7600 enfants âgés de 15 ans et moins ainsi que près de 300 enfants de 12 ans et moins. *Dans les faits, sur 42 des unités de police interrogées, 28 ont répondu. Les unités de polices n’ayant pas répondu ont énoncé un manque de temps pour justifier leur non-réponse au questionnaire.

Seules 7% de ces fouilles donnent lieu à des arrestations : cependant comme ce sont les personnes noires qui font le plus l’objet de ces fouilles, elles ont une probabilité plus grande de se retrouver arrêtées que les autres communautés. Et la justice semble également moins clémente à leur égard : dans le Grand Londres, dans les cas de possession de cannabis les Noirs  sont 5 fois plus condamnes que les Blancs à ce titre. Les détenteurs de cocaïne Blancs ont majoritairement une caution, (56%), contrairement aux Asiatiques (moins de 40 %) ou aux Noirs (22%). Enfin, il apparaît que pour les décisions de justice, les Noirs sont 4 fois plus condamnés que les Blancs.

A cause d’un objectif de résultat souligné par les forces de police elles-mêmes, c’est la confiance de la population  en la police qui risque d’être altérée. Et ce n’est pas rien. Car à travers le respect de la police, c’est également le respect de l’Etat qui est en jeu,  particulièrement chez les jeunes. L’étude souligne également qu’en cette période de restriction budgétaire, l’Etat britannique a tout intérêt à concentrer ses efforts sur, notamment :
- une meilleure méthode de contrôle de police, plus équitable
- une justice qui condamne les personnes qui représentent un réel danger pour la société
- décriminaliser la détention personnelle de cannabis pour éviter des procédures coûteuses pour l’Etat et la jeunesse

Il est temps que l’Etat britannique repense ses politiques en matière de drogue pour le bien commun.