Face à l'augmentation des overdoses, la police de Toronto s'équipe d'un médicament : la naloxone

Alors que les overdoses d'opioïdes continuent d'augmenter à Toronto et partout au Canada, plus d'un millier d'agents de police de la ville s'équipent de naloxone, un médicament inversant l'overdose.

Selon un communiqué publié par le Service de Police de Toronto (TPS) le 5 juillet, 1 034 policiers seront équipés de naloxone sur leur ceinture utilitaire. Les agents détenteurs du médicament incluront ceux faisant partie de groupes spécialisés (y compris le « Drug Squad » et le groupe d'intervention d'urgence de la ville), ainsi que tous les commissaires et les officiers de surveillance de la ville. Le nombre d'agents fournis en naloxone pourra vraisemblablement augmenter à l'avenir, puisque le TPS décrit la décision de cette semaine comme la « première phase de déploiement ».

La naloxone est un médicament vital, inclus à la liste des médicaments essentiels de l'Organisation Mondiale de la Santé, qui fonctionne en vidant les récepteurs cérébraux de l'opioïde, inversant ainsi toute dépression respiratoire induite par le médicament. Sa production est bon marché et elle n'a aucun potentiel danger. Les urgentistes de Toronto transportent déjà de la naloxone.

Cette décision a été déclenchée par une augmentation des overdoses d'opioïdes à Toronto, selon l'inspecteur Paul MacIntyre du TPS.

« Un déploiement progressif [de la naloxone] aide à rassurer le public et les agents au sujet des problèmes de sécurité liés aux opioïdes, en particulier dans les quartiers autour des sites de consommation supervisée », a expliqué M. MacIntyre. « Nos appels de service pour overdose sont en hausse, passant de 903 en 2017 à 1 024 cette année. Il est important que nous fournissions à nos membres ce médicament vital jusqu'à ce qu'une assistance médicale intervienne. "

Il existe au moins quatre sites de consommation supervisée (également appelés salles de consommation de drogues ou DCR) à Toronto. Ces installations, ainsi qu'un accès accru à la naloxone, font partie d'une tentative du Canada de mettre un terme à la crise d'overdoses, par une approche de réduction des risques. Aucune personne n'est jamais morte d'overdose dans une DCR, car elles permettent de consommer la drogue en présence de professionnels de la santé qui ont été formés.

Les DCR de Toronto ont été délibérément situées dans des quartiers où « l'usage de drogues a déjà un impact sur la communauté », comme l'a déclaré le gouvernement local. Par conséquent, en fournissant de la naloxone aux agents de police travaillant à proximité des DCR, le TPS améliore encore les résultats potentiels sur la santé des personnes qui risquent l'overdose.

Les données du ministère de la Santé de la province de l'Ontario, dont Toronto est la capitale, montrent une récente augmentation considérable des décès liés aux opioïdes. Dans la ville de Toronto, le taux de décès liés aux opioïdes était de 76 pour un million d'habitants en juillet 2017 : une augmentation de 90 % par rapport à cinq ans auparavant.

À l'échelle nationale, il y a eu au Canada environ 4 000 décès liés aux opioïdes en 2017, une augmentation d'environ 3 000 depuis 2016. On estime que 72 % des décès l'an dernier sont dus au fentanyl, un opioïde très puissant.