La « drogue » Ouest-Africaine, une dangereuse réalité

En plus des innombrables guérillas et difficultés économiques auxquelles elle est confrontée depuis déjà trop longtemps, l’Afrique est désormais le théâtre d’un fléau qui n’est malheureusement pas étranger aux autres continents du globe. En 2011 la Commission Globale de Drogue présentait son premier rapport sur les échecs de la lutte contre les drogues et les conséquences dévastatrices que celles-ci ont entrainées au niveau mondial. De plus en plus, le transit de stupéfiants provenant d’Amérique Latine à destination de l’Europe et de l’Amérique du Nord est assuré par certains pays d’Afrique de l’Ouest. C’est dans le but de sensibiliser l’opinion publique et de mobiliser les politiques afin de développer des initiatives conséquentes que la Commission Ouest-Africaine de Drogue (WACD) a vu le jour en Janvier 2013 dans la ville d’Accra, au Ghana. La fondation Koffi Annan en est à l’origine.   

Des notoriétés des domaines politiques, judiciaires, médicaux, médiatiques et autres sont commissionnaires de l’initiative. Parmi celles-ci figurent les anciens présidents du Cap-Vert et du Nigéria, Pedros Pires et Olusegun Obasanjo.

Cependant les chefs d’Etats africains ne sont pas les seules figures à jouer un rôle crucial dans le débat sur les mesures à considérer face au transit de drogues en Afrique de l’Ouest. Cette semaine, en effet, le président américain Barak Obama entame sa tournée subsaharienne en relation à ce fléau. Première étape : le Sénégal.

Un peu plus tôt, au mois de Mai en cette même année 2013, se tenait à Rome une conférence présidée par Olusegun Obasanjo dont la mise en place a été assurée par la Commission Européenne et le Ministère Italien des Affaires Etrangères. Le bureau des Nation Unies en charge des drogues et crimes (UNODC) avait déjà sonné l’alerte face aux milliards de dollars que représentait le trafic de cocaïne à lui seule dans le marché des substances de dépendance en 2010. Entre 2011 et 2012 les chiffres semblent s’accroitre considérablement grâce au rôle transitaire que joue l’Afrique de l’Ouest en faveur des trafiquants.

Le Mali, le Nigéria, la Guinée-Bissau, le Sénégal,  le Maroc, la Mauritanie, la Gambie, le Ghana ont fait l’objet d’implication majeure dans le complot de narco-terrorisme avec l’Amérique Latine.  “Entre 2005 et 2007, plus de 20 saisies majeures [ont] été réalisées en série dans toute l’Afrique de l’Ouest, totalisant des milliers de kilos de cocaïne (…) plus de 11 tonnes” avait mentionné la UNODC.

Depuis l’initiative engendrée par la fondation Koffi Annan, la presse mondiale semble avoir manifesté un élan de solidarité vers la lutte engagée contre l’implication des pays d’Afrique de l’Ouest dans le trafic de drogues. En Afrique francophone, plusieurs journaux en parlent : Fraternité Matin en Côte d’Ivoire, Le Quotidien d’Oran en Algérie, Le Matin au Maroc, Le Soleil au Sénégal, L’Essor au Mali, Le Pays au Burkina Faso, Le Républicain au Togo. La situation semble être la même en Afrique anglophone : Business Day au Nigéria et en Afrique du Sud, Ghanian Chronicle au Ghana, The Namibian en Namibie, relatent les derniers faits.

Les médias et les réseaux sociaux se mobilisent aussi. Ici, ce sont les « grands » qui mènent la danse : ABC News, Yahoo News, RFI ou BBC ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.