La drogue: c'est mal tourner ou s'en sortir, tout simplement ?

En dépit de ce que les marches et certains politiciens disent, la crise est loin d’être terminée. Cela prendra du temps avant que ce qu’il reste des classes moyennes et des pauvres puisse vivre encore dans l’illusion qu’ils vont profiter d’une amélioration économique. Mais quel effet la crise a sur la vente et la consommation de drogue dans certains pays européens ?

En Grèce, la plupart des victimes, vulnérables, d’une des plus grandes crises économiques depuis les années 1930, se tournent de plus en plus vers la Shisha – un type de méthamphetamine qui peut contenir tout, de l’huile industrielle aux acides de batterie.

Qui aurait pu prédire que les rues sombres de cette capitale européenne qui a accueilli les Jeux Olympiques seulement 8 ans plus tôt, des individus appartenant la classe moyenne grecque s’empoisonneraient pour échapper à leur dure situation ? Malheureusement, la pauvreté est un élément stabilisateur.

Quelques années plus tôt, les rues de Buenos Aires ont vu une augmentation du nombre de personnes consommant du Paco, un résidu de cocaïne pas cher qui est achemine par bateau jusqu’au riches marchés d’Europe et d’Amérique du Nord. Donc à Athènes comme à Buenos Aires, les pauvres se résignent à consommer n’importe quel produit que des dealers peu scrupuleux leur vendent. 

Cette opportunité, ajouté au fait, que le gouvernement grec a massivement coupe les aides des programmes sociaux d’aide aux consommateurs de drogue, a créé une bombe à retardement.

En Espagne, certaines études ont suggérées que, du fait de la crise économique la consommation de drogue a diminué. Or, de plus en plus de personnes cultivent de la marijuana pour compléter leurs revenus. Avec près d’un demi-million de fumeurs de cannabis, il y a de l’argent à se faire.

Le Code Pénal Espagnol condamne la vente de marijuana mais non sa consommation. Sa consommation est interdite dans les lieux publics mais permise au niveau privé. Cette technique, légale, a permis l’apparition de plusieurs clubs de cannabis dans le pays.

Pour essayer d’enrayer les effets de la crise, la ville de Rasquera en Catalogne a voté un leasing (location pour une période déterminée) des terres cultivables à une association de culture du cannabis pour un million d’euros. Cependant un juge a arrêté ce projet, car selon lui les autorités locales n’ont pas le pouvoir de légiférer concernant la culture de marijuana.

C’est assez paradoxal qu’un système législatif qui autorise le parlement à aller en guerre sans consultation publique, n’autorise pas les habitants d’une ville à avoir la capacité a généré suffisamment de revenus en cultivant une plante…

Et quand les citoyens voient leurs revenus divisés par deux, la marijuana ne sera pas la seule drogue vers lesquelles les gens vont se tourner pour arranger leurs fins de mois, de l’individu qui complète ses fins de mois avec la vente de quelques grammes de cocaïne, au chimiste qui synthétise des amphétamines dans un laboratoire de fortune et vend ses produits à des clients de plus en plus fatigues de voir la détérioration de la pureté de la cocaïne vendue dans les rues…

L’Europe n’est pas si différente de ce qu’on appelle les pays du Tiers-Monde d’Amérique du Sud et d’Afrique ou les autorités mettent en garde que la pauvreté et la corruption encouragent du trafic de drogue. La nature humaine est la même partout et quand les choses deviennent dures, les gens essaient de survivre et font face comme ils peuvent.

C’est un signe malheureux de notre époque quand des citoyens exemplaires risquent la prison ou un casier judiciaire juste pour améliorer leur niveau de vie et celui de leurs familles. Mais beaucoup de grandes banques deviennent aveugles quand il s’agit d’agir contre le blanchiment d’argent au profit des revenus générés par le trafic de drogue, n’est-pas ?

Ainsi, comme Walter White, le héros post-moderne de la série Breaking Bad, certains étudiants, enseignants et femmes au foyer transforment leurs chambres d’amis en lieux de culture « indoor », laboratoires ou deviennent des dealers pour avoir un peu plus d’argent. Et quand il n’y a pas d’argent pour payer les factures, certains pour s’en sortir simplement….tournent mal.