La Grèce en crise met en place la première salle de « consommation de drogues ».

La Grèce a mis en place sa première salle de “consommation de drogues” pour contenir la flambée de maladies infectieuses chez les usagers de drogues dans ce pays en crise, a déclaré lundi l’organisation contre la drogue de Grèce, OKANA.

Suivant des projets similaires en Europe occidentale, au Canada et en Australie, le centre permet aux usagers d’injecter les produits qu’ils ramènent eux-mêmes, sous surveillance médicale, et a été visité par plus de 200 usagers de drogues depuis sa mise en place en octobre.

Publié le 25/11/2013 sur Yahoo News

“La demande augmente jour après jour et nous croyons que nous aurons besoin très bientôt de plus de services dans d'autres parties de la ville”, a déclaré Sakis Papaconstantinou, directeur de OKANA qui dirige le centre.

La Grèce a réduit les dépenses de santé dans le cadre des mesures d'austérité prévues par les bailleurs internationaux en échange de fonds qui lui ont permis de rester à flot.

Beaucoup de ses usagers de drogues, estimés à 25 000, sont sans abri et n'ont pas accès aux services de santé dans un pays où le chômage a grimpé à plus de 27 pour cent, affectant principalement les jeunes, en six ans de récession.

Le nombre d’usagers de drogues infectés par le VIH a fortement augmenté lors du pic de la crise en 2011-2012, selon OKANA, le partage de seringues ayant conduit à une plus grande exposition à des infections - comme le VIH et l'hépatite B et C. La salle de consommation de drogue vise également à réduire les surdoses mortelles.

Depuis 1986, plus de 90 salles de consommation de drogue ont été mises en place en Suisse, aux Pays-Bas, en Allemagne,  en Espagne, au Luxembourg, en Norvège, au Canada et en Australie.

Des représentants du Conseil de l'Europe, le réseau sur la politique des drogues, réunis cette semaine à Athènes avec des experts de la politique des drogues du gouvernement grec et d'autres pays européens, ont appelé à une action politique immédiate pour atténuer l'impact de l'abus de drogues dans les pays touchés par les mesures d’austérité.

“Il ne faut pas sacrifier le traitement de la toxicomanie sur l'autel de l'austérité”, a déclaré Panos Kakaviatos, porte-parole du Conseil de l'Europe, un organisme intergouvernemental qui prévoit de lancer un appel à tous les gouvernements afin de fournir des ressources pour la prise en charge sanitaire des usagers de drogues.