La politique britannique en matière de drogues alimente une épidémie de VIH en Écosse

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La constante opposition du gouvernement britannique à admettre la consommation de drogues alimente une épidémie de VIH en Écosse.

L'Écosse subit les pires conséquences de la politique antidrogue du Royaume-Uni. Le taux des décès liés à la drogue est huit fois plus élevé en Écosse que la moyenne de l'UE et près de trois fois supérieur à celui de l'Angleterre, du Pays de Galles ou de l'Irlande du Nord. Parallèlement à ce nombre croissant de décès, Glasgow, la ville la plus peuplée d'Ecosse, connaît aujourd'hui une résurgence du VIH, les utilisateurs de drogue faisant les frais de l'épidémie. Plus de 100 cas de VIH chez les consommateurs de drogues injectables ont été associés à cette épidémie jusqu'à présent.

Un nouveau rapport politique publié par le National AIDS Trust (NAT) a averti que les tentatives d'endiguer la propagation du VIH ont été « entravées par un certain nombre de problèmes, en particulier le refus par le gouvernement britannique d'ouvrir une "Salle de Consommation de Drogue" (DCR) dans la ville et la fermeture d'un des principaux services d'échange de seringues à Glasgow ».

Une DCR réduirait la propagation du VIH en permettant aux personnes qui injectent des drogues de le faire avec un équipement stérile dans un environnement sûr, supervisé par des professionnels de la santé qui s'assurent que le matériel d'injection n'est jamais partagé ou contaminé.

En plus d'aider à contenir la propagation du VIH, une DCR à Glasgow permettrait de réduire le taux des décès liés à la drogue (qui est dix fois plus élevé que celui de Londres) puisque les victimes d'overdose peuvent être immédiatement soignées. Dans les dix pays qui ont introduit les DCR, pas une seule personne n'est morte d'overdose dans aucune d'elles.

Les autres bénéfices des DCR comprennent la réduction des déchets potentiellement dangereux en public, une pression minimisée sur les services d'urgence, une réduction de la criminalité, ainsi que des avantages financiers. Il n'est donc pas surprenant que les DCR aient obtenu un soutien considérable à Glasgow.

D'après les notes d'information du NAT, « [le conseil d'administration du NHS (la Sécurité Sociale britannique) de Glasgow] a recommandé qu'une DCR soit mise en place à Glasgow, et l'initiative est soutenue par plusieurs parties prenantes, y compris la majorité des membres du Parlement écossais ainsi que certaines autorités locales ». « Nous demandons au gouvernement d'autoriser l'ouverture d'une DCR à Glasgow, soit par une modification de la loi de 1971 sur l'abus de drogues, soit par une décentralisation vers le Parlement écossais des lois en matière de drogue ».

Malgré ces appels, le gouvernement britannique continue de s'opposer à la réforme ou à la délégation. Victoria Atkins, la ministre chargée des drogues, a récemment déclaré que le gouvernement ne soutiendrait pas les DCR en raison de préoccupations concernant « les pressions que les DCR placent sur les organismes d'application de la loi ainsi que l'acceptation implicite d'une criminalité plus large ». Il n'existe cependant aucune preuve que les DCR augmentent la pression sur l'application de la loi. Au contraire, les preuves suggèrent le contraire : les DCR permettent à la police de se concentrer sur les crimes graves, tout en permettant aux personnes sous l'influence de la drogue de rester dans un environnement contrôlé.

Le ministre de la sécurité Nick Hurd a fait allusion, dans une déclaration du 6 juillet, à un changement possible dans l'approche du gouvernement. Face à la question sur le contrôle des drogues dans les festivals, M. Hurd a décrit cette approche de réduction des risques comme « des décisions opérationnelles locales auxquelles nous [le gouvernement] ne faisons pas obstacle », tout en reconnaissant l'illégalité de la possession de drogues. Le sentiment exprimé pourrait être également appliqué aux DCR.

Avec des pressions continues, le gouvernement pourrait bientôt admettre que les DCR constituent un pas important vers la santé, pour contrer la propagation du VIH et réduire le taux de décès liés à la drogue en Écosse.