Le Népal est-il Devenu un Pays de Transit Majeur du Trafic de Stupéfiants?

Les arrestations de trafic de stupéfiants au Népal ont augmenté ces dernières années

Les arrestations de trafic de stupéfiants au Népal ont augmenté ces dernières années (Source: Pixabay)

Le nombre de personnes arrêtées pour trafic de stupéfiants a atteint un niveau sans précédent au Népal, ce qui suggère que le pays peut devenir un centre régional de transit de stupéfiants.

Selon le Bureau de Contrôle des Stupéfiants du Népal (BCS), plus de 16 700 personnes ont été accusées de trafic de stupéfiants ou d'infractions liées au trafic de drogue entre 2011 et 2016, selon Himalayan Times. En 2016, un total de 3 696 personnes a été arrêté pour ces infractions, ce qui représente une hausse de 39% par rapport à l'année précédente.

Le cannabis est, de loin, le médicament le plus fréquemment trafiqué venant du Népal ou passant par le Népal, mais des quantités importantes d'héroïne, d'opium et de cocaïne ont également été saisies par le BCS.

« Les personnes impliquées dans la contrebande de stupéfiants semblent être prêtes à prendre le risque d’être arrêtées et d’aller en prison car les escrocs internationaux leur promettent des sommes importantes. Les arrestations et les saisies font peu pour contrôler la contrebande de stupéfiants », a déclaré un responsable de la BCS en février.

En effet, la législation du Népal concernant les drogues, dont la majorité relève de la Loi Générale sur le Contrôle des Stupéfiants (1976), prévoit des sanctions sévères pour diverses infractions liées au trafic de drogue. Curieusement, la loi prévoit des peines strictes pour les infractions liées au trafic en fonction du poids du stupéfiant saisi, quel que soit la drogue.

"Faire des transactions" avec des stupéfiants qui pèsent moins de 25 grammes prend une peine d'emprisonnement de cinq à dix ans, précise la législation. Une infraction impliquant 25 à 100 grammes exige une peine de 10 à 15 ans. Le trafic ou la vente de plus de 100 grammes d'une drogue illégale est punie entre 15 ans et l'emprisonnement à perpétuité.

Le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni avertit les voyageurs que la possession même de «petites quantités» de cannabis peut conduire à une peine de cinq ans de prison, « habituellement après un processus juridique long et coûteux ».

La flambée du trafic face à une telle législation répressive suggère que la gravité des pénalités potentielles ne dissuade pas les gens de s'impliquer dans le commerce de la drogue.

En outre, selon la BCS, certaines personnes interceptées a trafiquer de la drogue ont été contraintes ou forcées de le faire.

« La plupart des femmes étrangères arrêtées par le BCS ont été impliquées dans le trafic de drogue en raison du manque d'opportunités économiques. Elles sont facilement persuadées d'agir en tant que mule de drogue payées sans être informées de ce que les bagages contiennent », a déclaré un responsable de la BCS, en fin mars.

Rajiv Kafle, un activiste népalais pour le droit du cannabis, a déclaré à TalkingDrugs que « le cannabis était et est toujours la [principale] source de revenus pour la plupart des personnes pauvres à travers le pays ».

« Il y a une énorme demande principalement de l'Inde, ainsi que du reste du monde, pour le hash népalais », a ajouté Kafle.

En effet, bien que les drogues proviennent du Népal vers l’Europe, la Chine et l’Asie du Sud-Est, l'Inde est le principal marché cible.

L'Inde a un marché énorme et croissant pour les personnes qui cherchent à vendre des stupéfiants, et les deux pays partagent une frontière ouverte. Cependant, malgré une sécurité relativement restreinte à la frontière, des saisies importantes y arrivent. La quantité annuelle de drogues illégales saisies sur la frontière indienne a augmenté 236 pour cent entre 2014 et 2016, passant de 1 189 kilogrammes à 4 006 kilogrammes respectivement.

Il y a quatre ans, l'ancien chef de la BCS a averti que les personnes qui trafiquaient des stupéfiants « essayaient d'établir le Népal comme point de transit ». Bien que la poursuite de la tendance à l'augmentation des arrestations et des saisies de drogue doive encore être prouvée, il semble que le Népal est solidement établi en tant que centre de trafic de stupéfiants.