Les usagers du Bristol Drugs Project (GB) conçoivent du matériel informatif pour diminuer le risque d'infection

En Grande-Bretagne, des posters, un petit film d'animation, ainsi qu'un fascicule inédits sont crées en association avec les usagers des services liés aux produits stupéfiants, afin de promouvoir auprès des personnes pratiquant la prise de drogues par intraveineuse des équipements plus sûrs, et notamment des seringues à espace mort réduit.

Le matériel à espace mort réduit se caractérise par une diminution de l'espace entre l'aiguille et le piston. Le sang et les substances s’agglomérant dans cet espace, ce type d'équipement permet, en cas de partage du matériel, de diminuer le risque de contamination par des virus à diffusion hématogène tels que le VIH ou l'hépatite C.

Le 24 janvier, à Bristol, un évenement accompagnera la sortie de ce nouveau matériel. Le film d'animation y sera diffusé pour la première fois, le nouvel équipement présenté et exposé, et les visiteurs auront l'occasion d'en apprendre davantage sur les personnes impliquées dans ce projet,  notamment les visiteurs du Bristol Drugs Project. Les posters réalisés dans le cadre de l’événement seront présentés au public dans une galerie de Bristol, du 8 au 31 janvier.

L'existence de ce matériel se base sur les recherches menées par différentes organisations britanniques : le National Institute for Health Research (NIHR), Collaboration for Leadership in Applied Health Research and Care West (CLAHRC West) et la NIHR Health Protection Research Unit (HPRU). Leurs recherches ont démontré que les usagers des drogues étaient disposés à opter pour ce type d'équipement, si les perspectives d'un gâchis de substance réduit et d'un risque amoindri de contamination leur était préalablement et progressivement détaillé. Les recherches ont ainsi permis de produire une partie des informations et des messages présents sur le matériel.

Une subvention du Economic and Social Research Council (ESRC) a permis à Deborah Hussey, membre de l'équipe du Bristol Drugs Project, de rejoindre l'équipe de CLAHRC West en tant que consultante et observatrice associée. Cette opportunité lui a permis d'aller au contact de différents programmes liés aux seringues et aux aiguilles répartis dans tout le Royaume-Uni, de Glasgow à Londres, afin de comprendre les barrières à l'adoption plus large d'équipements à espace mort réduit, et comparer les approches des différentes associations dans leurs opérations et dans la transmission d'informations quand à la réduction des risques.

Deborah et le reste de l'équipe ont ensuite collaboré avec Michael Linnell de l'agence Linnell Communications, un designer spécialisé dans les campagnes de santé publique et de prévention des drogues et de l'alcool.

Une série d'ateliers en association avec les visiteurs habitués du Bristol Drugs Project a par la suite abouti à la conception du matériel proprement dit, définissant la communication l'entourant, le message transmis, son apparence et son ressenti général. Les productions issues de ce travail peuvent être téléchargés sur le site d'Exchange Supplies’, entreprise à but social pionnière dans la diffusion auprès des usagers des drogues d'équipement à espace mort réduit.

Le projet a été supervisé par un comité de pilotage incluant Bristol Drugs Project, Exchange Supplies, les services de santé publique anglais, la Bristol Health Partners Drug and Alcohol Health Integration Team (HIT), CLAHRC West et le HPRU.

Deborah Hussey, consultante et observatrice associée au projet, s'est exprimé sur son expérience :

« Travailler sur ce projet a été pour moi un privilège. Cela m'a permis de découvrir le fonctionnement des autres programmes de distribution d'aiguilles et de seringues, à la fois sur le terrain et en discutant avec les équipes qui m'ont présentés leurs activités. Constater à quel point les méthodes peuvent être différentes selon les endroits a été pour moi quelque chose de fascinant.

« Pouvoir intégrer pleinement les visiteurs habitués de nos services à ce projet a été pour moi particulièrement important. Nous avons eu des retours formidables de leur part, notamment sur à quel point ce processus les a fait se sentir positivement impliqués, et à quel point leurs avis n'étaient pas seulement entendus, mais partie intégrante du processus de conception général. Pouvoir participer à organiser une telle expérience pour eux était un honneur. Je suis très fière de ce que nous avons réalisé ensemble. »

Jo Kesten, chercheur principal associé au projet, ajoute :

« Renforcer l'usage d'équipement à espace mort réduit permettrait de réduire la diffusion des virus à transmission hématogène. Bien que ce type de matériel soit disponible, il n'est pas encore suffisamment distribué par les programmes de santé concernés.

« Ce projet représente un pas important dans la prise de conscience des associations et des programmes liés à la distribution d'aiguilles et de seringues de la nécessité de s'habituer à de tels équipements, de même que pour les usagers des drogues. Il porte avec lui un potentiel important pour la réduction des risques liés aux injections de produits stupéfiants.

« Travailler sur ce projet avec Deborah a été une expérience particulièrement enrichissante. Ses connaissances et son expertise ont été la clé du succès. »