L'Islande devrait prochainement ouvrir des salles de consommation à moindre risque

Svandís Svavarsdóttir, ministre de la santé, soutient l'ouverture de salles de consommation à moindre risque

(Source: Facebook)

En Islande, des salles de consommation à moindre risque pourraient ouvrir prochainement, suite au soutien affiché par la Première ministre et la ministre de la santé à un amendement de la loi actuelle sur les drogues.

Svandís Svavarsdóttir, la ministre de la santé, a annoncé le 21 mars au Parlement que son gouvernement avait la volonté de modifier la législation actuelle, de sorte à permettre l'ouverture et le fonctionnement de salles de consommation à moindre risque dans le pays.

En Islande, a-t-elle déclaré, un tel service serait un « environnement protégé où les personnes âgées de 18 ans et plus pourront consommer [des produits stupéfiants illicites] en étant supervisées par des professionnels de santé. Dans un espace où la propreté, la sécurité et les risques infectieux seront parfaitement contrôlés. »

Les salles de consommation à moindre risque permettent de prévenir les overdoses mortelles, du fait que les professionnels de santé sont en capacité d'administrer du naloxone si nécessaire. Ce médicament permet en effet d'empêcher les overdoses dues à des opiacés. A ce jour, dans l'ensemble des services mis en place dans neuf pays d'Europe, aucune overdose mortelle n'a été à déplorer.

Ces salles donnent également l'accès à un équipement stérile et sécurisé pour la prise de drogues, permettant ainsi de réduire la diffusion de maladies infectieuses chez les usagers, et d'éviter les comportement antisociaux associés aux stupéfiants (notamment les dépôts de déchets et/ou de seringues, ainsi que les prises de drogues dans l'espace public).

L'amendement en question est soutenu par la Croix Rouge, qui met en garde contre les overdoses, aujourd'hui plus meurtrières en Islande que les accidents de voiture. En 2018, on déplore 17 décès liés à la drogue, pour une population de seulement 330 000 habitants.

« La proportion de personnes sans-abris augmente, ce qui signifie que de nombreuses personnes se font des injections dans de très mauvaises conditions », note Þórir Guðmundsson, responsable de la Croix Rouge à  Reykjavík. « Il y a une nécessité pour [ces personnes] d'avoir accès à des environnements chauds, où se trouvent des professionnels de santé. »

Il est attendu que l'amendement soit approuvé par une large majorité, le débat parlementaire sur la question ayant révélé le soutien unanime des députés. La ministre de la santé a déjà annoncé l'attribution prévue de 50 millions de couronnes islandaises (environ 360 000€) pour la création d'une salle de consommation à moindre risque.