Premier pas pour la légalisation de la vente de cannabis en Uruguay

Poussé par son Président Jose Mujica, le plan de loi visant à légaliser la vente de cannabis en Uruguay vient de franchir un cap important. Approuvé par le parlement lors d’un vote très serré de 50 voix contre 46, le projet semble en bonne voie pour  aboutir.

Pour les défenseurs de ce projet l’objectif est de fausser le marché du cannabis en affichant un prix fortement inférieur aux tarifs actuels de vente au marché noir.

Malgré les inquiétudes mises en avant par Jose Mujica, comme par exemple la population vieillissante du l’Uruguay a tendance conservatrice fasse échouer le projet de loi, il semble que les membres du partie de la coalition Frente Amplio aient décidés de le soutenir en donnant leur aval au projet de loi.

Cette loi arrive après une longue période de débats en Uruguay. Initialement, le Président  souhaitait faire passer la loi en Décembre 2012. Mais face à la force de l’opposition, il avait souhaité ouvrir le débat pour que la population comprenne mieux l’enjeu majeur que représentait cette loi. La décision de Darío Pérez du parti Ligua Federal, principal opposant au projet, qui initialement avait décidé de soutenir le projet a largement influé sur la réussite de cette loi devant le parlement.

Avec cette loi, non seulement l’Uruguay deviendrait le premier pays à contrôler intégralement le commerce de cannabis mais cela permettrait également d’élaborer une stratégie efficace pour combattre le trafic de drogue et ainsi démontrer que cela est tout à fait possible. En effet, dans la majorité des pays et particulièrement en France l’approche utilisée pour réduire le commerce de la drogue est basée principalement sur l’incarcération et l’intimidation. Dans le cas de l’Uruguay, si la loi est validée les perdants ne seront pas les consommateurs mais bel et bien le grand banditisme. Cette stratégie permettra de réguler la consommation à travers la création d’un registre qui permettra de savoir exactement combien de personnes achètent du cannabis, ce qui aurait pour vocation d’aider ou d’assister les personnes désireuses de manière beaucoup plus simple. De plus, la limite d’achat sera de 40 grammes par mois et par personne.

Même si l’opposition est convaincue que ce projet augmentera la consommation de cannabis, il permettra de diminuer l’emprise des dealers et semble être une bonne alternative pour réduire la criminalité autour du trafic de cannabis.

La nouvelle politique que propose cette loi vient s’aligner avec d’autres initiatives prises par différents pays dans le monde. En Amérique du Nord, certains états ont décidés de changer leur approche en matière de drogues, comme ce fut le cas le 7 novembre lors de la publication des résultats des referendums dans l’Etat du Colorado et de Washington indiquant la légalisation du cannabis. Même si cela va à l’encontre des lois nationales, cela prouve que les mentalités évoluent. En Europe, l’apparition des « Cannabis Social Clubs », groupes de consommateurs produisant de manière collective pour leur consommation personnelle,  et à but non commercial illustre que la politique anti narcotrafic semble aller à l’encontre des dealers au lieu de pénaliser le simple consommateur. Ceci ayant pour but de s’attaquer au réel problème qui gangrène notre société qui n’est autre que le grand banditisme qui sévit à travers le commerce de la drogue.

La décision de l’Uruguay si le projet de loi aboutit, pourrait être un exemple à suivre ou au contraire un avertissement mais il est indispensable d’agir pour éradiquer ce fléau.