Ukraine, la combinaison explosive de chaos et de drogues.

Traduction de Georges Lachaze.

Article de Luis Perez publié le 11 mars 2014 par Talkingdrugs.org

 

Pour la plupart des gens aujourd’hui, l’Ukraine apparait dans les journaux comme une nation affectée par les troubles sociaux et même une possible scission, mais ce que l’on voit moins est la situation créée assez ironiquement par sa position géographique entre l’Est et l’Ouest ; en faisant un pont naturel entre des régions et un pays dans lequel les problèmes de drogues semblent grossir sans fin.

En plein centre de l’Europe de l’Est et du principal axe de transport de l’Europe vers l’Asie et des pays scandinaves vers les régions méditerranéennes, l’Ukraine a connu cette dernière décennie une augmentation gigantesque des cas de VIH, principalement liés aux usagers de drogues par injection, qui se résument à près de 300 000.

Avec cette augmentation de patients avec un problème de drogue dont le traitement est pour le moins maigre, dû à des ressources limitées, quelques programmes dédiés à combattre la propagation de la maladie ont été lancés et stoppés sans cesse en raison de changements dans les priorités du gouvernement, tout cela à valu à l’Ukraine d’avoir le pire taux d’épidémie de VIH d’Europe.

Ce pays avec aussi une vaste côte littorale de 1500 km a vu une augmentation du nombre de saisies de drogues, culminant en 2010, quand en seulement 3 occasions, tous les records liés aux saisies de cocaïne dans la région ont été battus avec plus d’une tonne et demie de cocaïne découverte.

Mais, plus que le nombre de saisies de drogues, le plus gros problème que cette nation doit affronter est la quantité de drogues coupée avec d’autres produits et vendue au public, et comment la politique des drogues de l’État à travers la région encourage encore la criminalisation (dont certaine comporte des peines d’emprisonnement de 11 pour possession de n’importe quel type de substance illicite) et n’a peu ou pas d’effet sur la diminution de l’usage de drogues.

Il y a juste quelques mois de cela, celui qui semble apparemment être l’ancien président Viktor Yanukovich a approuvé une loi sur la fraude et le transport de médicaments contrefaits, imposant de lourdes amendes aux pharmaciens traitant avec de tels médicaments et tous ceux les produisant, achetant, transportant, envoyant, stockant avec l’intension de vendre des médicaments de contrefaçon ou les vendant en toute connaissance, mais avec le malaise actuel les résultats de cette législation reste floue.

Les régulations définissant également les nouveaux seuils légaux pour petite, grosse et très grosse quantité de drogues qui résulteraient en poursuites criminelles ont été appliquées en 2010 ; à savoir que si la quantité de drogue ne dépasse pas la « petite » quantité, la prison pourrait être évité, mais étant donné l’instabilité politique et sociale dans le pays il est difficile de prédire si cette loi sera respectée et quel impact, s’il y en a, cela aura à court ou moyen terme.

Dans un ironique coup du sort, même les terres fertiles d’Ukraine, qui compte pour 25% des réserves mondiales de terres noires – considérée comme la meilleure du à ses propriétés physiques, chimiques, agrochimiques et minérales, ainsi qu’a un climat tempéré, semblent transformer le pays d’une région de transit à un pays producteur d’opiacés, selon le département de justice des Nations unies.

Comment tous ces problèmes apparus en peu de temps seront grandement influencés par l'issue de la crise politique actuelle qui a même ouvert la possibilité d’une scission en Ukraine, mais tant que le statu quo dans le marché des drogues à travers le monde reste inchangé, il est difficile de prévoir de réelles améliorations.

Sources:

http://www.ipsnews.net/2013/06/ukraine-injects-addicts-with-hope/

http://blogs.fco.gov.uk/leighturner/2010/10/11/why-odesa-drug-busts-are-good-news/

http://www.mondaq.com/x/198224/Healthcare/Responsibility+For+Counterfeit+Drug+Is+Stre